Siliana : Six responsables arrêtés pour détournement de fonds
Le substitut du procureur de la République et porte-parole du tribunal de première instance de Siliana, le juge Aissa Guesmi, a indiqué ce vendredi 17 avril 2026 à Mosaïque FM que le ministère public a ordonné la mise en garde à vue de six cadres dans le cadre d’une affaire de corruption financière et administrative au sein du commissariat régional à l’agriculture.
Il a précisé que les personnes concernées comprennent trois cadres du ministère de l’Agriculture, un cadre d’une agence bancaire publique ainsi que deux agriculteurs, frères.
Cette affaire constitue un coup dur porté aux réseaux de corruption ciblant les aides internationales et les projets de développement, et reflète la volonté de la justice de lutter contre les détournements de fonds publics dans des secteurs stratégiques comme l’agriculture.
Le porte-parole a expliqué que l’enquête a été ouverte à la suite d’informations parvenues au parquet faisant état de soupçons de corruption dans un marché relevant du commissariat régional à l’agriculture de Siliana. Les agents de la brigade des recherches économiques et financières d’El Gorjani ont alors été chargés de mener les investigations, lesquelles ont révélé des manipulations au sein du système de développement agricole dans la région.
Plus précisément, les investigations ont mis en lumière des irrégularités dans un projet financé par le Fonds international de développement agricole, destiné à soutenir 35 délégations de la région. Il s’est avéré qu’il existait de fausses opérations d’approvisionnement et des déclarations mensongères concernant la distribution de têtes d’ovins aux petits agriculteurs.
Les enquêtes ont également révélé des irrégularités dans un second marché lié à l’alimentation animale, attribué à deux frères. Les montants détournés sont estimés à plusieurs milliards de millimes et étaient destinés à soutenir les catégories vulnérables et à développer le secteur agricole dans le gouvernorat de Siliana depuis 2021.
Selon le porte-parole, les six suspects font l’objet de poursuites pour blanchiment d’argent dans le cadre d’une organisation, fraude fiscale, détournement de fonds publics par un agent public ou assimilé, atteinte à l’administration, ainsi que complicité, conformément aux dispositions de la loi n°26 de 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent, au code des droits et procédures fiscaux et au code pénal.