Bab Bnet: La Tunisie des années 70 qui reprend vie
L’actrice tunisienne Wajiha Jendoubi a évoqué, lors de son passage lundi dans l’émission Romdhan Show, la série Bab Banet, qui replonge le téléspectateur dans la Tunisie des années 1970. L’œuvre est réalisée par Zied Littayem et écrite par Samia Ammami.
La série raconte l’histoire de Sabria, une femme d’une quarantaine d’années, coincée entre un passé idéalisé que continue de vivre sa mère et un avenir qu’elle tente de construire. Après un accident qui fait perdre à sa mère une partie de sa mémoire, la vie de Sabria devient un conflit permanent entre les traditions incarnées par sa mère et les pressions familiales qui pèsent sur elle.
Wajiha Jendoubi a expliqué que réaliser une œuvre télévisuelle se déroulant dans une époque passée nécessite un travail important et des recherches minutieuses, notamment en ce qui concerne les accessoires et les détails du décor, ce qui représente un défi, surtout au niveau de la production. Elle a ajouté que la question du budget et de sa répartition reste un problème récurrent en Tunisie, que ce soit pour la production ou pour la rémunération des équipes.
Malgré cela, elle a affirmé que cette contrainte n’a pas freiné le projet, car toute l’équipe a cru en l’œuvre et s’est engagée dans sa réalisation. Elle a également salué le talent du réalisateur Zied Littayem, qu’elle décrit comme un metteur en scène distingué doté d’un bon sens de la comédie. Elle a précisé qu’un travail particulier a été consacré aux expressions utilisées, certaines expressions actuelles comme « Alekher » ou « Mala faza » n’existant pas à l’époque.
Concernant son personnage Sabria, l’actrice a indiqué qu’il représente un miroir des préoccupations et des difficultés des Tunisiens, et non un rôle anodin. Elle a aussi confié son inclination pour la comédie noire, qui permet selon elle d’aborder des sujets parfois douloureux dans un registre comique, l’objectif n’étant pas seulement de faire rire mais de porter un message.
Dans ce contexte, Wajiha Jendoubi a également salué les productions de Télévision tunisienne durant cette saison de Ramadan, soulignant la diversité des œuvres proposées et le pari fait sur la qualité.
La série marque par ailleurs le retour à l’écran du duo « Lilia et Aroussia » après près de 26 ans, en réunissant Wajiha Jendoubi avec la grande actrice Mouna Noureddine dans les rôles de Sabria et Torkia. Le dernier épisode inclut même une séquence d’archives tirée du feuilleton Mnamit Aroussia, diffusée durant le Ramadan 2000.
L’actrice a précisé que cette scène n’était pas une simple interprétation mais un moment qu’elle avait longtemps imaginé, bien avant l’écriture du scénario. Émue, elle a confié avoir pleuré pendant la scène, se remémorant notamment le regretté Slah Eddine Essid, qui l’avait réunie pour la première fois avec Mouna Noureddine.
Enfin, Wajiha Jendoubi a indiqué participer à la deuxième partie de la série arrière El Gaddem, réalisée par Bassem Hamraoui, qui explore l’idée du voyage dans le temps. Elle y incarne le personnage de Fatma