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Affaire de l’appareil secret d’Ennahdha : verdict mardi

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le tribunal de première instance de Tunis a achevé, vendredi soir, l’audition des plaidoiries des avocats dans l’affaire dite de « l’appareil secret du mouvement Ennahdha ». Le tribunal a décidé de fixer une audience mardi prochain pour entendre les dernières déclarations des accusés avant de rendre son verdict.

Il convient de rappeler que Rached Ghannouchi, concerné par l’enquête dans cette affaire, a refusé de comparaître devant la justice. La chambre criminelle avait entamé les interrogatoires vendredi dernier en auditionnant le dirigeant d’Ennahdha et ancien ministre de l’Intérieur Ali Larayedh ainsi que son ancien conseiller.

Lors d’une deuxième audience, le tribunal a entendu l’ancien directeur central de la lutte contre le terrorisme à El Gorjani, le dirigeant d’Ennahdha Abdelaziz Daghsni, ainsi que l’ancien directeur général des services spécialisés au ministère de l’Intérieur. Une troisième audience a ensuite été consacrée à l’interrogatoire du reste des accusés poursuivis en état de liberté.

L’enquête porte sur 35 accusés, dont cinq placés en détention dans le cadre de cette affaire — parmi eux Rached Ghannouchi — ainsi que sept autres détenus dans d’autres dossiers, dont Ali Larayedh et Fathi El Baldi. Douze accusés sont poursuivis en liberté, tandis que onze autres sont en fuite, parmi lesquels Mustapha Khedher.

L’affaire de « l’appareil secret du mouvement Ennahdha » a émergé en 2022, à la suite d’une plainte déposée par le comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

Le parquet près le tribunal de première instance de l’Ariana s’était initialement saisi du dossier avant de s’en dessaisir, en septembre 2023, au profit du pôle judiciaire antiterroriste, juridiction légalement compétente pour les affaires terroristes.

Le comité de défense des deux dirigeants assassinés considère que le dossier de « l’appareil secret d’Ennahdha » fait partie intégrante du dossier principal des assassinats politiques, au même titre que d’autres affaires, notamment celle de la « chambre noire » du ministère de l’Intérieur.

À plusieurs reprises, le comité de défense a affirmé que toute la vérité sur les assassinats politiques ayant secoué la Tunisie en 2013 ne pourra être révélée sans le traitement des autres dossiers impliquant les personnes soupçonnées d’avoir participé à la planification, au financement ou à l’assistance de ces crimes.