70 ans de relations : la Tunisie et l'Allemagne signent des accords
Des accords de coopération d'une valeur de plus de 100 millions d'euros ont été signés, ce lundi à Tunis, entre la Tunisie et l'Allemagne. Selon le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l'étranger, Mohamed Ali Nafti, ces accords portent notamment sur le soutien aux PME, l'accélération des transitions énergétique, environnementale et numérique, le développement régional, la formation professionnelle et l'emploi.
Il a également annoncé la signature prochaine d'autres accords, d'une valeur avoisinant 40 millions d'euros, consacrés à l'économie verte.
Le ministre s'exprimait lors d'un point de presse conjoint avec son homologue allemand, Johann Wadephul, en visite officielle en Tunisie. Cette visite, a-t-il souligné, marque une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales, alors que les deux pays célèbrent le 70e anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques. Elle fait également suite à sa propre visite de travail à Berlin, en mars dernier.
Nafti a précisé que cet entretien s'inscrit dans la continuité du dialogue engagé avec plusieurs responsables allemands, dont la présidente du Bundestag et la ministre fédérale de la Coopération économique et du Développement, ainsi qu'avec des acteurs économiques et des institutions de recherche.
Le ministre a salué le soutien de l'Allemagne aux efforts de développement de la Tunisie, à travers des projets couvrant la gestion des ressources en eau, les transitions énergétique et numérique, le développement économique durable, la formation et l'emploi. Il a exprimé la volonté de la Tunisie d'enrichir ce partenariat en cohérence avec le Plan de développement 2026-2030.
Il a par ailleurs souligné le niveau élevé des relations économiques entre les deux pays : plus de 320 entreprises allemandes opèrent actuellement en Tunisie, notamment dans l'automobile, l'électronique, le textile et les technologies. Les échanges commerciaux ont atteint un niveau record en 2025, dépassant 5,3 milliards d'euros, plaçant la Tunisie parmi les partenaires majeurs de l'Allemagne dans la région MENA.
Les deux ministres ont aussi évoqué les relations tuniso-européennes, Nafti insistant sur la nécessité de réviser l'accord d'association liant la Tunisie à l'UE, sur la base du respect mutuel et en adéquation avec les évolutions géostratégiques de l'espace euro-méditerranéen.
Ils ont également abordé plusieurs enjeux régionaux et internationaux, notamment les défis sécuritaires au Moyen-Orient et les changements climatiques. Nafti a réaffirmé la position constante de la Tunisie sur la cause palestinienne, rappelant le droit du peuple palestinien à un État indépendant avec Al-Qods Al-Charif pour capitale.
De son côté, Johann Wadephul a salué la « bonne dynamique de croissance » du partenariat tuniso-allemand, notant qu'environ 7 500 jeunes Tunisiens étudient actuellement dans des universités allemandes, dans le cadre de quelque 70 partenariats universitaires. Il a également souligné la contribution des compétences tunisiennes au système de santé allemand.
Le chef de la diplomatie allemande a insisté sur l'importance économique de la relation bilatérale, l'Allemagne étant le principal marché d'exportation de la Tunisie, laquelle joue un rôle clé pour l'industrie automobile allemande et les entreprises technologiques. Il a salué les conditions d'investissement et les compétences qualifiées du pays, précisant que l'Allemagne souhaite y ouvrir de nouveaux marchés et identifier de nouveaux sites de production.
Il a enfin annoncé le soutien allemand à la transition énergétique tunisienne, saluant la signature de nouveaux accords sur le développement économique, durable et les ressources en eau. Il a rappelé que l'Union européenne, au-delà de l'Allemagne, entretient des liens étroits avec la Tunisie, les deux parties souhaitant faire de la Méditerranée « un espace de force et de coopération », dans la continuité de l'accord d'association conclu il y a 30 ans — le premier du genre entre l'UE et un pays tiers.