La BCT confirme une amélioration du marché de l’emploi
Le marché de l’emploi en Tunisie s’est nettement redressé en 2025, porté par l’amélioration de l’activité économique. Cette dynamique s’est traduite par une forte création d’emplois et une baisse du chômage, même si les difficultés d’insertion des jeunes et des diplômés de l’enseignement supérieur demeurent importantes, selon le rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT).
Au total, 124 000 emplois ont été créés en 2025, contre seulement 26 400 un an plus tôt. Le taux d’emploi est ainsi passé de 38,7 % à 39,1 %, témoignant d’une meilleure intégration de la population en âge de travailler sur le marché du travail.
Dans le même temps, le taux de chômage a reculé à 15,2 %, contre 16,5 % fin 2024. Cette amélioration est principalement due à la baisse du chômage des femmes, qui est passé de 23,1 % à 20,8 %, tandis que celui des hommes est resté quasiment stable (12,6 %, contre 12,7 % en 2024).
Les jeunes et les diplômés toujours pénalisés
Malgré cette amélioration, certaines catégories continuent de faire face à un chômage élevé. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, le taux de chômage est passé de 39,9 % à 38,4 % en un an.
La situation est plus préoccupante pour les diplômés de l’enseignement supérieur, dont le taux de chômage est remonté à 22,5 %, contre 16,7 % en 2024, illustrant les difficultés persistantes d’insertion professionnelle.
Le rapport met également en évidence un important écart entre les sexes : le chômage touche 30,5 % des femmes diplômées, contre 11,7 % des hommes diplômés, confirmant les obstacles auxquels les femmes restent confrontées sur le marché du travail.
Des mesures pour soutenir l’emploi
La Banque centrale rappelle que plusieurs mesures ont été mises en œuvre en 2025 pour stimuler l’emploi, notamment des recrutements exceptionnels dans la fonction publique, des incitations à l’embauche dans le secteur privé via la prise en charge d’une partie des cotisations patronales, ainsi que le renforcement des programmes de formation et d’accompagnement.
Les autorités ont également lancé des initiatives destinées à promouvoir l’entrepreneuriat et le travail indépendant, notamment à travers une plateforme dédiée à la création d’entreprises.
Les services, premier pourvoyeur d’emplois
Le secteur des services demeure le principal moteur de l’emploi en Tunisie. Les services marchands ont généré environ 1,059 million d’emplois, devant les services non marchands (854 900 emplois).
Ils sont suivis par les industries manufacturières (700 100 emplois), l’agriculture (505 100 emplois) et le secteur du bâtiment (408 400 emplois). Les industries extractives et la production d’électricité n’ont, quant à elles, représenté que 67 200 emplois.
Revalorisation du SMIG
Le rapport souligne également qu’au 1er janvier 2025, les salaires minimums dans le secteur privé ont été revalorisés afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs.
Le SMIG mensuel est ainsi passé à 528,320 dinars pour le régime de 48 heures (contre 491,504 dinars) et à 448,238 dinars pour le régime de 40 heures (contre 417,558 dinars). Le salaire minimum agricole garanti a également été relevé à 20,320 dinars par jour, avec une augmentation des indemnités techniques accordées aux ouvriers agricoles qualifiés et spécialisés.
Le rapport annuel 2025 a été remis lundi au président de la République, Kaïs Saïed, par le gouverneur de la Banque centrale, Fethi Zouhair Nouri. À cette occasion, le chef de l’État a salué le rôle de la Banque centrale dans le soutien à l’économie nationale, estimant que la Tunisie poursuit une trajectoire conforme aux choix exprimés par son peuple.