Urgence d’une réforme pour un système éducatif en crise
Dans une déclaration à Mosaïque FM à l’occasion d’un séminaire place sous le thème «L’éducation en Tunisie : enjeux sociaux, défis économiques et perspectives de développement durable», Abdelbasset Hassan, président de l’Institut Arabe des Droits de l’Homme, a affirmé que le système éducatif en Tunisie traverse une crise multidimensionnelle, se traduisant principalement par la baisse des taux de scolarisation, la détérioration des indicateurs de qualité de l’enseignement et la faiblesse des dépenses publiques allouées au secteur, comparativement aux pays à revenu élevé.
Hassan a expliqué que le système éducatif n’est plus aujourd’hui capable de répondre à des de défis croissants, notamment les transformations démographiques, les changements climatiques et l’augmentation des taux de pauvreté et de chômage, en particulier parmi les diplômés de l’enseignement supérieur.
Le président de l’Institut a souligné la nécessité de rassembler les différents acteurs du domaine éducatif —institutions officielles, société civile et chercheurs— afin d’élaborer une vision participative conduisant à une réforme systémique durable. Il a rappelé que l’Institut a élaboré, en partenariat avec le ministère de l’Éducation, un projet d'un nouveau contrat social pour l’éducation, fruit de dialogues sociétaux impliquant plusieurs parties depuis 2020.
Hassan a précisé que ce contrat propose un cadre général pour la réforme de l’éducation, basé sur la reconnaissance de l’éducation comme bien public, la revalorisation de l’enseignement public, gratuit et inclusif, ainsi que la révision des contenus pédagogiques et des manuels scolaires, de l’emploi du temps scolaire, et la lutte contre l’abandon et les difficultés d’apprentissage, en accordant une attention particulière aux personnes en situation de handicap.
Pour sa part, Hichem Chebbi, expert en éducation, a insisté sur l’importance de promouvoir une culture de dialogue permanent autour de la réforme de l’enseignement, considérant que toute réforme sérieuse doit s’appuyer sur des évaluations objectives et un diagnostic précis de la situation, que ce soit à travers les évaluations internes du ministère ou via les indicateurs des organisations internationales.
Chebbi a, également, appelé à capitaliser sur les points positifs existant dans le système éducatif, notamment l’efficacité et la résilience du corps enseignant dans des conditions difficiles, affirmant que la véritable réforme dépend du passage d’une logique d’intentions à des politiques concrètes et claires, capables de répondre aux évolutions du marché du travail et aux défis futurs.