Libye : Le gouverneur de la Banque centrale démissionne
Le gouverneur de la Banque centrale de Libye (CBL), Naji Issa, a présenté sa démission aux dirigeants des deux Chambres législatives rivales du pays, selon deux lettres consultées par Reuters, ce lundi.
Dans ces courriers, dont l’authenticité a été confirmée par Naji Issa, le gouverneur indique ne plus être en mesure de poursuivre ses fonctions, sans toutefois en préciser les raisons, invoquant le caractère sensible des motifs de sa décision.
« Je vous prie de m’excuser de ne pas pouvoir poursuivre mes fonctions de gouverneur de la Banque centrale de Libye, sans en préciser les causes, en raison de leur caractère sensible », écrit-il dans les deux lettres, datées du 9 août.
Contacté par Reuters, Naji Issa a confirmé l’authenticité des documents, tout en refusant de fournir davantage de détails sur les motivations de sa démission.
Le président du Haut Conseil d’État, Mohamed Takala, a appelé Naji Issa à rester en fonction « afin de maintenir la stabilité financière, économique et politique », jusqu’à l’examen de sa démission et à la décision qui sera prise, conformément aux procédures constitutionnelles et légales.
La Chambre des représentants, basée dans l’Est du pays, n’a pour sa part pas encore réagi à sa demande.
Les deux institutions législatives sont la Chambre des représentants, élue en 2014 et installée dans l’Est, et le Haut Conseil d’État, basé dans l’Ouest et créé en 2015 dans le cadre d’un accord politique, dont les membres sont issus du Parlement élu en 2012.
La Libye reste profondément divisée, depuis 2014, entre des autorités rivales dans l’Est et l’Ouest, sur fond de chaos politique et sécuritaire consécutif à la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011.
Naji Issa avait pris ses fonctions en 2024, après que les deux Chambres se furent accordées sur sa nomination, afin de mettre fin à une crise portant sur le contrôle de la Banque centrale. Cette crise avait conduit à l’éviction de son prédécesseur, Sadiq al-Kabir.
En août 2024, des factions de l’Ouest avaient tenté de remplacer Sadiq al-Kabir par un conseil d’administration rival, provoquant une riposte des factions de l’Est qui avaient ordonné l’arrêt de l'activité pétrolière. Cette crise avait fortement perturbé la production et les exportations de brut libyen.