Salaires : Une majoration généralisée et à effet rétroactif
Hafedh Lâamouri, spécialiste en droit du travail, a estimé, dans Midi Eco de ce jeudi 30 avril, que les majorations salariales pourraient être annoncées dans le Journal officiel de la République tunisienne (JORT) du 1er mai, coïncidant avec la fête du travail.
Il a précisé que cette majoration est généralisée et qu’elle prend en considération les moyennes entreprises. "Cette augmentation est exceptionnelle, puisqu’elle est prévue par la Loi de finances et pas le fruit de négociations sociales avec l’UGTT", a-t-il ajouté.
En ce qui concerne le secteur privé, Hafedh Lâamouri, a indiqué que quatre textes réglementaires seront publiés pour encadrer cette majoration. "Le premier concerne le SMIG, le second les salaires dans secteur agricole qui seront fixés sur une base du paiement journalier. Le troisième concerne les catégories non soumises à des conventions collectives mais qui touchent des rémunérations supérieures au SMIG, alors que le quatrième se rapporte aux salariés couverts par des conventions collectives", a-t-il précisé.
Pour le secteur public, l’invité de Midi Eco a indiqué qu’un décret relatif à la fonction publique et aux collectivités locales (municipalités et établissements publics à caractère administratif), soulignant que les majorations seront déterminées, selon le grade.
Il a précisé que le budget de l’Etat pour 2026 a alloué une enveloppe d’un milliard de dinars aux majorations. "En tenant compte de la masse salariale actuelle, estimée à environ 25 267 millions de dinars, le taux d’augmentation devrait avoisiner 4%", a-t-il dit.
Qu’en est-il des pensions ?
Sur un autre plan, Hafedh Lâamouri a souligné qu’il est nécessaire de distinguer les mécanismes des deux caisses sociales.
Il a précisé que la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) applique un mécanisme spécifique, où l’augmentation des pensions dépend des hausses accordées aux agents actifs.
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) : l’augmentation suit automatiquement toute revalorisation du SMIG.
Il a indiqué que cette augmentation devrait être considérée comme la "référence", rappelant que le texte juridique prévoit clairement le versement des "augmentations de l’année 2026", à partir du 1er janvier de cette année.