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La dépression et l'anxiéte, plus répandues qu'on ne le pense

La dépression et les troubles anxieux figurent parmi les troubles psychiques les plus répandus en Tunisie.

Leur prévalence varie toutefois selon les tranches d’âge, la nature des troubles et les méthodes utilisées pour les diagnostiquer, a indiqué la docteure Rania Hosni, professeure assistante hospitalo-universitaire en psychiatrie à l’hôpital Razi.

La dépression constitue le trouble psychique le plus répandu dans le pays, a-t-elle précisé, dans un entretien accordé au studio télévisé de l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP).

Selon la spécialiste, la dépression se manifeste souvent sous forme d'épisodes passagers et temporaires, qui peuvent être traités par des médicaments et une prise en charge de leurs causes. Elle a toutefois mis en garde contre le risque d'évolution vers une forme chronique, lorsqu'elle est liée à des facteurs génétiques.

La psychiatre a, également, souligné que la dépression ne doit pas être confondue avec les variations passagères de l'humeur ou la tristesse ordinaire. Ces dernières durent généralement moins de 15 jours et présentent des symptômes moins sévères.

La dépression se caractérise, en effet et notamment par une perte d'intérêt pour les activités quotidiennes, une tendance à l'isolement et une négligence des soins personnels.

Bouveaux programmes, à l'hôpital Razi

Par ailleurs, Rania Hosni a fait état d'une hausse de 6% du nombre de consultations à l'hôpital Razi en 2025, par rapport à l'année précédente. Les consultations aux urgences ont, quant à elles, augmenté de 9% par rapport à 2024.

Parmi les principaux facteurs affectant la santé mentale en Tunisie, elle a notamment cité les difficultés économiques et sociales, le stress ainsi que les pressions du quotidien.

Dans le cadre des efforts visant à améliorer la prise en charge psychiatrique, trois nouveaux programmes ont été développés à l'hôpital Razi. Inspirés d'approches et de dispositifs internationaux, ils ont été adaptés aux besoins des patients et de leurs familles.

Le premier programme, baptisé « Hkeyet Mazaj » (Histoire d'humeur), s'adresse aux personnes atteintes de troubles bipolaires. Il vise à les aider à mieux comprendre leurs variations d'humeur et à développer des mécanismes pour les maîtriser et mieux les gérer.

Le deuxième programme, intitulé « Ala Bekri » (à temps), est destiné aux personnes ayant vécu un premier épisode de trouble psychique sévère. Il a pour objectif de les accompagner dans la compréhension de leur expérience, leur parcours de soins et leur adhésion au suivi thérapeutique.

Le troisième programme, baptisé « Familia » (famille), s'adresse aux proches des patients. Il vise à les aider à mieux comprendre les troubles psychiques, à améliorer la communication avec les personnes concernées et à développer des méthodes adaptées à leurs besoins.

Le mentale autant que le physique

Rania Hosni a, également, appelé à accorder à la santé mentale la même importance qu'à la santé physique, soulignant que les deux sont étroitement liées et indissociables pour préserver l'équilibre global de la personne.

Elle a rappelé que la santé mentale peut avoir des répercussions sur la santé physique, les relations sociales, l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée ainsi que sur la qualité de vie, en général.

La spécialiste a insisté sur l'importance de consulter un professionnel de la santé mentale, dès l'apparition d'une souffrance psychologique ou de difficultés affectant la vie quotidienne.

« Consulter un psychiatre ne doit pas être une source de honte, mais une démarche vers le traitement, au même titre que la consultation de tout autre médecin », a-t-elle souligné.

Elle a, aussi, rappelé que les consultations psychiatriques régulières constituent un moyen important de dépistage et d'intervention précoce, permettant aux spécialistes d'accompagner les patients avant l'aggravation de leur état.

Enfin, les personnes présentant un risque accru de développer des troubles psychiques, doivent être orientées vers des psychiatres ou des psychologues, afin de bénéficier, dans les meilleurs délais, de la prise en charge nécessaire