Or : Le gramme à 340 dinars, la demande en berne
Alors que l’or attire les investisseurs dans de nombreux pays en tant que valeur refuge, le marché tunisien de la bijouterie connaît une situation inverse, marquée par une forte stagnation et une baisse de la demande.
La flambée des prix, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à la dépréciation du dinar face au dollar, a dissuadé de nombreux Tunisiens d’acheter de l’or.
Dans une déclaration accordée au quotidien Assabah, publiée ce mercredi 4 novembre 2026, le président de la Chambre syndicale des bijoutiers, Hatem Ben Youssef, a évoqué une situation de stagnation sans précédent dans le secteur. Le phénomène s’est accentué cette année, lorsque le prix du gramme a atteint près de 500 dinars durant les premiers mois de 2026.
Les fluctuations des prix et leurs répercussions sur les bijoutiers
Concernant la récente baisse des cours mondiaux, Hatem Ben Youssef estime que son impact sur les commerçants reste limité, leur principal capital étant constitué par leurs stocks de bijoux.
Fort de cinquante ans d’expérience dans le secteur, il affirme n’avoir jamais observé une hausse aussi importante des prix. Il considère toutefois que le recul actuel constitue une correction naturelle après la flambée enregistrée, et non le début d’un effondrement durable.
Selon les dernières données du marché de la Bourse de l’or (Souk El Berka), le gramme s’échange ces derniers jours à 340 dinars pour le 18 carats et à 380 dinars pour le 24 carats. Le gramme d’or cassé est, quant à lui, estimé à environ 300 dinars.
L’or entre correction des cours et craintes d’un recul prolongé
À l’échelle internationale, les prévisions restent partagées. Certains experts anticipent une poursuite de la baisse, tandis que d’autres y voient une simple correction après les fortes hausses précédentes.
Selon plusieurs institutions financières, dont HSBC, les fondamentaux favorables à l’or restent solides à moyen et long termes, notamment en raison de l’endettement des États, des déficits budgétaires et des incertitudes économiques mondiales.
Par ailleurs, les banques centrales et les institutions officielles ont ajouté 321 tonnes d’or à leurs réserves au troisième trimestre 2026, soit une hausse de 42 % sur un an, selon le Conseil mondial de l’or.
Les professionnels du secteur rappellent que les cours restent étroitement liés aux évolutions économiques et géopolitiques internationales. Ils recommandent enfin aux consommateurs d'acheter leurs bijoux auprès de commerces agréés et de vérifier la présence du poinçon de garantie et de la carte indiquant le titre de l’or, afin d’éviter les fraudes et le marché parallèle.