Saïed : tolérance zéro pour le moindre millime détourné
Le président de la République, Kaïs Saïed, a affirmé qu'il n'y aurait « ni tolérance ni concession sur le moindre millime » appartenant au peuple tunisien.
Il s'exprimait lors d'une réunion tenue lundi au palais de Carthage avec le président de la Commission nationale de réconciliation pénale, Ali Abbès.
À cette occasion, le chef de l'État a passé en revue les travaux de la commission, notamment à la lumière de la publication du décret-loi n° 2 de 2026, en date du 30 septembre 2026.
Ce texte vient modifier le décret-loi n° 13 de 2022 du 20 mars 2022, relatif à la réconciliation pénale et à l'affectation des recettes qui en sont issues, indique un communiqué de la présidence de la République.
Kaïs Saïed a rappelé que cette initiative avait fait l'objet, dès son lancement, de nombreuses tentatives de sabotage. Il a toutefois souligné que la détermination à récupérer l'intégralité des fonds revenant au peuple avait fini par l'emporter.
Cette démarche a abouti à l'adoption du premier décret-loi, puis à des amendements destinés à affiner les mécanismes et les procédures encadrant le processus.
Tout en soulignant que la souplesse dont fait preuve la commission avant la transmission des dossiers au Conseil de sécurité nationale ne saurait être interprétée comme un recul sur les principes ou une atteinte aux droits du peuple, le président de la République a tenu à clarifier les règles.
« La souplesse vise à accélérer le traitement des dossiers, mais ne signifie nullement ouvrir la voie au laxisme ni au contournement des objectifs », a-t-il précisé.
Le chef de l'État a également appelé à rassurer les Tunisiens, à répondre à leurs aspirations légitimes et à restaurer leur confiance dans le processus de recouvrement de leurs fonds. Il a estimé que ceux qui ont commis des fautes pouvaient revoir leurs positions et revenir dans le droit chemin, à l'abri de toute forme de chantage, de manipulation ou de manœuvres dilatoires.
S'adressant à ceux qui misent encore sur la prescription ou l'oubli pour échapper à leurs responsabilités, Kaïs Saïed a averti que les droits du peuple ne s'effacent pas avec le temps, que les fonds concernés se trouvent en Tunisie ou à l'étranger.
Il a rappelé les souffrances endurées par le peuple tunisien et les nombreux sacrifices qu'il a consentis, estimant qu'il est pleinement en droit de récupérer son argent et ses richesses, qui doivent servir ses intérêts et répondre à ses attentes.
« Les portes restent ouvertes à ceux qui sont revenus à la raison », a-t-il ajouté, affirmant que « le droit demeure le droit, quel que soit le temps écoulé, et le faux restera faux malgré les tentatives de dissimulation ».
« Ni les décennies ni les siècles ne justifieront l'abandon des droits du peuple ni du devoir de les recouvrer », a-t-il conclu.
(Avec TAP)