Enseignement : Révolutionner l'école...
L’amélioration de la qualité de l'enseignement, la transition numérique, la lutte contre le décrochage scolaire et la violence, ainsi que le renforcement de l’égalité des chances figurent parmi les principales priorités du secteur de l’éducation pour 2027, selon le projet de budget de l'Etat. Ces orientations s’inscrivent dans le cadre du plan de développement 2026-2030.
Le programme prévoit de renforcer les acquis fondamentaux, d’élargir les cours de soutien et de développer l’enseignement à distance ainsi que les ressources pédagogiques numériques. L’objectif est, également, d’améliorer l’évaluation des élèves et le suivi de leurs résultats.
Le taux de couverture de l’enseignement préparatoire devrait atteindre 97,3% durant l’année scolaire 2026-2027. Par ailleurs, 3 300 écoles devraient être équipées de réseaux locaux afin de favoriser l’utilisation des outils numériques dans l’enseignement.
La modernisation concerne, aussi, l’administration éducative, avec le développement d’un système d’information intégré, la mise en place d’un système numérique unifié et la dématérialisation de plusieurs services, notamment les inscriptions à distance et les mutations professionnelles.
Renforcer l’inclusion
L’inclusion des élèves à besoins spécifiques constitue un autre axe du programme. Les mesures prévues comprennent l’élaboration d’un guide dédié, le développement de supports adaptés, notamment en braille et l’aménagement de parcours pour les élèves malvoyants ou aveugles. Une plateforme numérique de suivi doit, également, être mise en place, avec la mobilisation de 135 accompagnateurs scolaires.
La lutte contre le décrochage repose, quant à elle, sur le repérage précoce des élèves en difficulté, le renforcement de l’accompagnement pédagogique et social et la poursuite du programme de la "seconde chance". Ce dispositif cible notamment les jeunes ayant quitté l’école et prévoit l’ouverture d’une nouvelle classe dans le gouvernorat de Mahdia.
Les objectifs fixés pour les taux de décrochage sont de 0,5% au primaire, de 7,1 au collège et de 7,3 au secondaire. Par ailleurs, un programme multidimensionnel se poursuit dans 23 établissements scolaires.
Prévenir les conduites à risque
Le ministère prévoit, par ailleurs, de poursuivre le programme « Des établissements éducatifs plus sûrs », de renforcer les mécanismes d’attention et de suivi et de soutenir la plateforme d’écoute ainsi que l’Observatoire « Aïn ».
La formation de 650 cadres éducatifs à la lutte contre les drogues figure, aussi, parmi les mesures annoncées. Ces actions visent à privilégier la prévention et l’intervention précoce, afin d’améliorer le climat scolaire et de mieux accompagner les élèves.
Renforcer l’égalité des chances
L’amélioration des conditions de scolarisation passe aussi par le renforcement des services de transport et de restauration, en particulier dans les zones rurales.
Le programme prévoit l’acquisition de 73 nouveaux bus scolaires, qui s’ajouteront aux 95 déjà disponibles, ainsi que la poursuite de la collaboration avec les transporteurs conventionnés.
En matière de restauration, environ 300 000 élèves devraient bénéficier de repas froids et 4 000 de repas chauds. Les restaurants scolaires devraient accueillir près de 133 000 élèves, tandis que la capacité des internats est estimée à 51 100 places.
Un projet pilote de préparation de repas sains à partir de produits locaux sera, également, lancé dans les gouvernorats de Siliana, Kairouan et Nabeul, avec la participation de travailleuses agricoles. Le programme prévoit, en outre, la création de fermes pédagogiques durables et l’amélioration des conditions d’hébergement dans les internats.
Moderniser les infrastructures scolaires
Le projet prévoit, d'un autre côté, de ramener à 309 le nombre d’écoles à classes à plusieurs niveaux, durant l’année scolaire 2026-2027, en améliorant les infrastructures, l’extension des établissements et le renforcement du suivi des projets de construction, de maintenance et d’équipement.
L’ensemble de ces mesures vise à réduire les disparités entre les établissements et à améliorer les conditions d’apprentissage, notamment dans les régions les plus défavorisées.
La concrétisation de ces objectifs dépendra toutefois de la mise en œuvre effective des programmes et de leur capacité à améliorer durablement les résultats scolaires et les services proposés aux élèves.