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Le féminicide, un fléau en extension...

L’Association "Asswat Nissa" (Voix de femmes) a indiqué, dans son rapport, consacré au phénomène du « féminicide en Tunisie », que l’année 2025 a été marquée par une évolution importante des crimes contre les femmes, passant d’actes isolés au sein de la société à un phénomène social pouvant désormais faire l’objet d’un suivi et d’une documentation.

L’Association a recensé un bilan qu’elle qualifie d’« alarmant », faisant état de 30 féminicides et de 5 tentatives de meurtre. Elle souligne que le nombre de féminicides est passé de quatre cas en 2018, à 25 en 2024, pour atteindre 30 victimes en 2025.

Cette évolution montre clairement, selon le rapport, que le cadre familial demeure l’espace le plus dangereux pour la vie des femmes tunisiennes, dans un contexte marqué par de faibles conditions sociales, banalisant les violences et pouvant aller jusqu’à l’égorgement, les coups de couteau ou les violences mortelles.

Le rapport estime toutefois que le chiffre, enregistré en 2025, ne reflète pas la réalité du phénomène. Les organisations tunisiennes de défense des droits humains soulignent régulièrement que les chiffres disponibles ne représentent que le minimum des cas signalés ou recensés à travers les médias et les rapports des associations, en l’absence de statistiques officielles exhaustives sur le phénomène.

Selon le rapport, les féminicides commis en 2024 avaient touché 11 gouvernorats et se caractérisaient par une forte concentration dans le Grand Tunis, qui représentait à lui seul 16 crimes, soit 64% du total national. En 2025, le phénomène s’est étendu à 14 gouvernorats, avec une diminution de sa concentration dans la capitale et une progression dans les régions du Centre, du Sud et du Nord-Ouest. 

Des gouvernorats de l’intérieur, notamment Gafsa et Kairouan, ont enregistré des taux élevés de crimes.

Le rapport 2025 relève, également, la présence de quatre auteurs âgés de 20 à 30 ans, tandis que la liste des victimes identifiées pour cette même année ne comptait aucune jeune femme, les victimes étant principalement âgées de plus de 40 ans et de plus de 60.