Nizar Yaïch : le désert, moteur d’une puissance énergétique
L’expert international et ancien ministre des Finances, Mohamed Nizar Yaïch, a exposé, dans une déclaration à Mosaïque, une vision stratégique intégrée des grandes mutations mondiales, notamment le changement climatique, l’intelligence artificielle et les recompositions géopolitiques. Il a mis en avant l’interconnexion de ces dynamiques et leur impact direct sur l’avenir de l’économie mondiale.
Une stratégie énergétique à repenser
Intervenant lors de l’ouverture de la 5ᵉ édition du Forum de la responsabilité sociétale des entreprises, consacré au rôle du secteur privé dans la promotion du développement durable, Yaïch a centré son analyse sur la transition climatique et énergétique. Il a plaidé pour une actualisation urgente de la stratégie énergétique nationale afin de valoriser pleinement les atouts de la Tunisie, en particulier son potentiel solaire.
Dans cette optique, il a proposé une initiative concrète visant à mobiliser entre 3 et 4 % de la superficie du désert tunisien pour y développer de grands projets d’énergie solaire reposant sur des technologies photovoltaïques.
Selon lui, ce programme pourrait générer jusqu’à 10 gigawatts dans une première phase, avant d’atteindre 30 gigawatts, puis 100 gigawatts à l’horizon des deux prochaines décennies.
Un projet structurant aux multiples retombées
Le projet inclut également la mise en place d’une interconnexion électrique avec l’Europe via un câble à courant continu haute tension (HVDC), permettant d’exporter de l’électricité à des coûts compétitifs. Une telle dynamique contribuerait à renforcer l’économie nationale, réduire le déficit énergétique et atténuer la pression sur les finances publiques.
Yaïch a par ailleurs évoqué des montages financiers et juridiques innovants, fondés sur des partenariats stratégiques garantissant à l’État tunisien une part significative des revenus, tout en consolidant son rôle central dans ce secteur stratégique.
Au-delà de la dimension énergétique, ce projet se veut également un moteur de développement économique, social et géopolitique, susceptible de créer des emplois et de dynamiser les régions désertiques.
Présentée aux autorités en présence de responsables gouvernementaux, dont le ministre de l’Économie et de la Planification, cette initiative appelle désormais à une mise en œuvre concrète, progressive et structurée, en commençant par des projets pilotes.
En conclusion, Yaïch a souligné que la réussite de cette vision repose sur la mobilisation des expertises nationales et internationales, ainsi que sur un dialogue renforcé avec les partenaires européens, dans le cadre d’une approche stratégique globale, alignée sur les exigences économiques et commerciales.