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Debbache : le marché parallèle de voitures menace les concessionnaires

Le président de la Chambre des agents et constructeurs automobiles, Ibrahim Debbache, a indiqué dans une déclaration à la radio Mosaique FM, mercredi 11 mars 2026, que le marché automobile tunisien a enregistré l’importation de plus de 90 000 voitures en 2025. Cependant, il a précisé que près d’un tiers de ces importations concerne des voitures d’occasion introduites via le marché parallèle, soit plus de 6 300 véhicules.

Le marché parallèle en hausse de 23 %, le marché organisé en baisse de 14 %

Il a expliqué que 63 000 voitures ont été importées en 2025 via le marché organisé des concessionnaires automobiles. Bien que ce chiffre marque une amélioration par rapport aux années précédentes, le marché parallèle continue de progresser.

Selon lui, pour quatre voitures importées légalement, une voiture d’occasion âgée de 4 à 5 ans est introduite via le marché parallèle, la plupart équipées de moteurs thermiques. Il estime que cette situation porte atteinte à l’économie tunisienne et contredit les orientations du gouvernement vers la transition énergétique, tout en inquiétant fortement les concessionnaires automobiles.

Il a également indiqué qu’au début du mois de janvier 2026, les importations via le marché parallèle ont atteint 2 500 voitures, soit une hausse de 23 % par rapport à janvier 2025. À l’inverse, le marché organisé des concessionnaires n’a enregistré que 3 300 voitures neuves importées, soit une baisse de 14 % par rapport à l’année précédente.

Appel à une réunion urgente avec le ministère du Commerce

Ibrahim Debbache a appelé les concessionnaires automobiles et le Ministère du Commerce et du Développement des Exportations à tenir rapidement des réunions pour examiner ce problème et trouver des solutions efficaces. Il a souligné que le marché parallèle fragilise le marché organisé et pourrait compromettre les efforts du gouvernement pour réussir la transition énergétique, notamment dans le secteur automobile.

Il a rappelé que les consommateurs tunisiens montrent un intérêt croissant pour les voitures électriques et hybrides, encouragés par les incitations prévues dans la loi de finances 2026, notamment la réduction des droits de douane sur l’importation de ces véhicules.

Baisse attendue des voitures électriques en 2026

Dans un autre registre, Ibrahim Debbache prévoit une baisse des importations de voitures électriques en 2026, en raison du manque de bornes de recharge suffisantes sur l’ensemble du territoire. Cette situation rend certains consommateurs tunisiens hésitants à acheter ce type de véhicule.

Il estime ainsi que les acheteurs pourraient se tourner davantage vers les voitures hybrides, qui peuvent fonctionner à l’électricité ou à l’essence.

Enfin, il a considéré que 2026 pourrait être une année importante pour la transition énergétique, tout en soulignant qu’il reste difficile de prévoir précisément les choix des consommateurs tunisiens. Malgré le maintien des quotas d’importation accordés aux concessionnaires pour 2026, ces derniers jouent, selon lui, un rôle clé dans la réussite de la transition énergétique, d’autant plus que le marché s’est élargi avec la présence de 45 concessionnaires représentant de nouvelles marques automobiles, alors que la demande pour les voitures hybrides continue de croître en Tunisie.