Donald Trump, l’autre 'vedette' du Mondial 2026
Fidèle à sa réputation, le président américain, Donald Trump, a été l’une des grandes attractions de la Coupe du monde 2026…à sa manière.
Pendant que Lionel Rodri, Messi, Kylian Mbappé, Harry Kane ou encore Erling Haaland faisaient parler leur talent sur les pelouses, le locataire de la Maison Blanche s’efforçait, lui aussi, de voler la vedette… comme il aime le faire.
Le président américain s’est ainsi retrouvé au cœur de plusieurs controverses liées à la compétition. Au-delà des polémiques autour des visas, du traitement réservé à l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan ou encore des tensions avec la sélection iranienne, Donald Trump a été régulièrement accusé d’ingérences dans le déroulement du tournoi, certaines ayant même été assumées.
Affaire Balogun : quand la FIFA bafoue ses propres règlements
Parmi les dossiers qui ont suscité les plus vives critiques dans le monde du football, figure la “proximité controversée” entre Donald Trump et le président de la FIFA, Gianni Infantino.
La polémique était déjà là, depuis que ce dernier a créé "un Prix de la Paix de la FIFA" dont il a fait du président américain le premier lauréat. Elle devait prendre une toute autre mesure, lorsque l'Instance mondiale a annulé le carton rouge reçu par l'Américain Folarin Balogun, lors du seizième de finale face à l'Australie, lui permettant ainsi de disputer le huitième de finale contre la Belgique.
L'instance mondiale a justifié cette décision, en invoquant l'article 27 de son Code disciplinaire, qui autorise, sous certaines conditions, la suspension d'une sanction, pendant une période probatoire d'un an.
Mais la controverse a atteint des sommets, lorsque Donald Trump a reconnu avoir personnellement appelé Gianni Infantino afin de demander l'annulation de cette sanction.
Cette révélation a provoqué la colère générale, notamment celle de la Belgique, adversaire des États-Unis au tour suivant, ainsi que celle de l'UEFA, qui a accusé la FIFA d'avoir porté atteinte à l'intégrité du jeu et à la crédibilité de la compétition.
Parallèlement, les relations étroites entre Donald Trump et Gianni Infantino font l'objet d'une plainte déposée auprès du Comité international olympique.
Ce n'est pas une première… mais le contexte est bien différent
L'annulation du carton rouge de Balogun n'est pas totalement inédite. Un cas comparable s'était déjà produit lors de la Coupe du monde 1962, disputée au Chili.
Le grand Brésilen Garrincha avait profité de la blessure de Pelé pour devenir la star de la compétition. Mais en demi-finale, contre le Chili, l'ailier avait été expulsé, après avoir agressé un défenseur adverse.
Sous le charme de son football, une bonne partie de l'opinion publique chilienne avait réclamé sa présence, en finale. Le président chilien lui-même était intervenu auprès de la FIFA.
Sous cette pression, la commission disciplinaire avait finalement remplacé son expulsion par un simple avertissement, permettant au génie brésilien de disputer la finale.
La comparaison s'arrête toutefois là. En 1962, les textes disciplinaires de la FIFA étaient loin d'être aussi précis et strictement appliqués qu'aujourd'hui.
Trump Show : un Mondial avec un invité “très encombrant”
Un an après la finale de la Coupe du monde des clubs, où il avait déjà attiré l'attention en refusant de quitter le podium, après la remise du trophée à Chelsea, Donald Trump a remis cela lors de la finale du Mondial 2026.
Hué et sifflé par une partie du public, lors de son apparition aux côtés de Gianni Infantino, le président américain s'est de nouveau attardé sur le podium, visiblement désireux d'apparaître sur les clichés immortalisant le sacre de l'Espagne.
Mais le capitaine espagnol Rodri lui a fait comprendre, avec “diplomatie”, qu’il devait quitter le podium pour qu’il soulève la Coupe.
La remise des médailles était, également, très attendue, en raison de la rencontre entre Donald Trump et Borja Iglesias. L'attaquant espagnol avait vivement critiqué l'organisation du tournoi, le prix des billets ainsi que les positions jugées « racistes et homophobes » du président américain.
Finalement, Borja Iglesias lui a serré la main, mais sans même croiser son regard.
À l'inverse, le défenseur argentin Cristian Romero, blessé avant la fin de la rencontre, a tout simplement ignoré Donald Trump lors de la cérémonie. La délégation argentine n'a fourni aucune explication concernant ce geste.
À l'écouter parler football, Donald Trump donne parfois l'impression que ses connaissances en la matière dépassent à peine celles d'un enfant de quatre ans, mais il a réussi à s’imposer, au bon comme au mauvais sens du terme, comme un sujet de débat pendant cette Coupe du monde, reléguant parfois le football au second plan, du moins auprès de l’opinion publique américaine.
Le locataire de la Maison Blanche aura du mal à digérer cette Coupe du Monde, revenue au pays dont il dit ouvertement ne pas apprécier le gouvernement et qui, plus est, soutient la cause palestinienne, s'attirant la sympathie et le soutien d'une grande partie du monde. Les images des drapeaux de la Palestine et de l'Espagne brandis dans de nombreuses villes d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique, voilà ce qui lui donnera une idée de ce qu'il a provoqué -ou rappelé- par "sa" Coupe du Monde : les bons et les justes étaient les Espagnols et la Palestine, les méchants étaient lui, Netanyahou et le président argentin, fervent soutien d'Israël.
Medhat Guerbouj