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Une police spéciale pour protéger les enterrements en Indonésie

Jakarta a formé une unité de police dédiée aux enterrements de victimes du coronavirus, ont indiqué lundi les autorités de la capitale indonésienne alors que par crainte des habitants ont déjà tenté de bloquer des inhumations ailleurs dans le pays.

"Nous avons vu des cas dans d'autres villes et nous ne voulons pas que quelque chose de tel se produise à Jakarta, c'est pour quoi nous avons formé cette équipe de façon préventive", a indiqué Mokhamad Ngajib, le chef de la nouvelle unité.

Des foules en colère ont bloqué des rues dans plusieurs villes du centre de l'île de Java et de l'île de Célèbes pour empêcher l'arrivée d'ambulances qui transportaient des corps de victimes du Covid-19 vers les cimetières locaux.

La nouvelle unité de police supervisera le transport des corps des hôpitaux vers deux cimetières de la mégalopole où les dépouilles sont enveloppées de film plastique et enterrées rapidement.

Le coronavirus a fait 209 morts et infecté près de 2.500 personnes, selon les statistiques du ministère indonésien de la Santé. Mais ces statistiques sont considérées comme probablement très sous-estimées dans un archipel de plus de 260 millions d'habitants qui n'a effectué que quelques milliers de tests.

Plus de la moitié des décès ont été officiellement enregistrés à Jakarta. 

L'agence funéraire de la capitale a toutefois indiqué lundi que plus de 600 personnes avaient été enterrées selon les normes réservées aux victimes du virus depuis début mars, ce qui semble indiquer que le bilan de l'épidémie est bien plus lourd.

Toute personne tentant d'empêcher une inhumation où voulant empêcher le travail du personnel ambulancier ou chargé des enterrements risquera jusqu'à un an de prison, a précisé Mokhamad Ngajib.

"Nous tenterons de les raisonner. Mais s'ils ne cessent pas, nous serons fermes et les emmènerons au poste de police", a prévenu le responsable.