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Al Quds: la Turquie met en garde contre un 'incendie' dans la région

La Turquie a averti ce mercredi 6 décembre 2017 que la reconnaissance attendue par Washington d'Al Quds comme capitale d'Israël risquait de précipiter la région dans "un incendie".

Cette mesure, que le président américain Donald Trump doit annoncer ce mercredi, est susceptible de "précipiter la région et le monde dans un incendie dont personne ne sait quand il prendra fin", a déclaré le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag sur Twitter.

"Proclamer Al Quds capitale (d'Israël) est une négation historique, une grande injustice, un grand manque de vision et une grande folie", a ajouté M. Bozdag.

"J'appelle chacun à agir de manière responsable (...) à se garder de mettre en péril la paix dans le monde à des fins de politique intérieure ou autres", a-t-il poursuivi. "J'invite les musulmans et les pays islamiques à protéger leur honneur".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà averti mardi que le statut d'Al Quods était "une ligne rouge" pour les musulmans, évoquant même une possible rupture diplomatique avec Israël si Washington devait reconnaître la ville sainte comme capitale.

Cette question sera au centre d'entretiens que M. Erdogan doit avoir mercredi à Ankara avec le roi de Jordanie Abdallah II, dont le pays est le gardien des Lieux saints musulmans d'Al Quds.

Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a lui aussi mis en garde mercredi contre la mesure américaine avant une rencontre avec son homologue américain Rex Tillerson en marge d'une réunion de l'Otan à Bruxelles.

"Ce sera une erreur. Cela n'apportera ni paix ni stabilité, mais chaos et instabilité", a-t-il dit à la presse. "Je l'ai déjà dit (à M. Tillerson) et je le lui redirai", a-t-il ajouté.

Rompant avec des décennies de prudence américaine sur un dossier potentiellement explosif, M. Trump va reconnaître mercredi Al Quds comme capitale d'Israël en dépit des mises en garde des dirigeants de la région qui redoutent une flambée de violence.

Israël considère la Ville sainte comme sa capitale "éternelle et réunifiée", mais les Palestiniens estiment que Al Quds-Est doit être la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

La communauté internationale n'a jamais reconnu Al Quds comme capitale d'Israël ni l'annexion de sa partie orientale occupée en 1967.