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Le Koweït retire le droit de vote aux citoyens naturalisés

L'émir du Koweït a approuvé, ce dimanche, un décret retirant aux citoyens naturalisés le droit de vote, deux ans après avoir dissous le Parlement et lancé une vaste campagne de déchéance de nationalité.

Jusqu'ici, les Koweïtiens naturalisés pouvaient voter 30 ans après l'obtention de la nationalité, mais ne pouvaient pas se présenter à une élection.

L'émir du Koweït, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, 85 ans, a promulgué un décret "modifiant certaines dispositions de la loi koweïtienne sur la nationalité", a rapporté l'agence de presse officielle Kuna.

Selon le nouvel amendement, "les personnes ayant acquis la nationalité koweïtienne par naturalisation n'auront pas le droit de voter, de se présenter à une élection ni d'être nommées au sein d'une instance parlementaire".

A partir de 2024, le Koweït a lancé une campagne de déchéance de nationalité qui a touché des dizaines de milliers de personnes.

Ces mesures ont été présentées comme faisant partie d'un programme de réformes porté par l'émir du Koweït, qui a dissous le Parlement et suspendu certaines dispositions de la Constitution cinq mois après son accession au pouvoir, en décembre 2023.

Ces mesures semblent vouloir restreindre la citoyenneté aux personnes ayant des liens de sang avec le Koweït, remodelant l'identité de ce pays pétrolier de près de cinq millions d'habitants - dont seulement un tiers de Koweïtiens-, et peut-être aussi son électorat, selon des analystes.

Les nouvelles mesures ont aboli la naturalisation par mariage, qui n'était possible que pour les femmes, retirant la nationalité à toutes celles qui l'avaient obtenue depuis 1987.

La campagne a visé aussi les binationaux -la double nationalité étant interdite-, les personnes ayant obtenu la naturalisation de manière frauduleuse et des personnalités devenues koweïtiennes pour leur contribution à la société, notamment des artistes.

Le Koweït compte déjà les "bidounes" ("sans" en arabe), une communauté d'apatrides estimée à 100.000 personnes, celles qui n'ont pas obtenu la citoyenneté à la fin du protectorat britannique en 1961 et leurs descendants.

(Avec AFP)