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Détroit d'Hormuz : veto russo-chinois au Conseil de sécurité

La Russie et la Chine ont bloqué mardi l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’un projet de résolution, pourtant largement édulcoré, appelant à la réouverture du détroit d’détroit d'Hormuz. Une décision qui a suscité la frustration des pays du Golfe, initialement favorables à une intervention plus ferme.

Le texte, porté par Bahreïn et remanié à plusieurs reprises pour éviter un veto, a recueilli 11 voix pour, deux contre (Russie et Chine) et deux abstentions (Pakistan et Colombie).

Ce vote intervient à quelques heures de l’expiration de l’ultimatum fixé par le président américain Donald Trump, qui a donné à l’Iran jusqu’à mardi 20h00 (heure de Washington) pour rétablir la navigation dans cette voie stratégique, sous peine d’« anéantir une civilisation entière ».

Des propos vivement dénoncés par l’ambassadeur iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, qui les a jugés « profondément irresponsables », accusant Donald Trump d’exprimer « ouvertement son intention de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ».

Le diplomate iranien a également critiqué le projet de résolution, estimant qu’il revenait à « punir la victime » des frappes israélo-américaines et à offrir « une couverture politique et diplomatique aux agresseurs ».

De son côté, l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a affirmé que ce rejet n’empêchera pas les États-Unis « d’agir en légitime défense » pour protéger leurs intérêts et leurs alliés. « Le président Trump prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre notre peuple et le monde libre », a-t-il ajouté.

Pour Abdullatif ben Rachid Al Zayani, cette décision « envoie un mauvais signal au monde », en laissant entendre que les menaces contre les voies maritimes internationales ne suscitent pas de réponse ferme de la part de l’ONU. Il s’exprimait également au nom du Qatar, de l’Arabie saoudite, du Koweït, des Émirats arabes unis et de la Jordanie.

Soutenu par les pays du Golfe et Washington, Bahreïn avait initialement proposé un texte autorisant le recours à « tous les moyens nécessaires » pour sécuriser la navigation. Mais cette option a suscité de fortes oppositions, notamment de la France, de la Russie et de la Chine, conduisant à une version finale largement atténuée — finalement rejetée.

Avec AFP