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Nicholas Beau : beaucoup pensent à écarter Béji Caid Essebsi

Nicolas Beau, journaliste et écrivain français, a suscité une vive polémique ces derniers jours en publiant un article sur le site Mondafrique dans lequel il a parlé d’un éventuel projet de coup d’Etat planifié en concertation avec des pays du Golfe.


Je n’ai pas évoqué un coup d’Etat ou un putsch


Interviewé par Mosaïque FM, Nicholas Beau a affirmé qu’il n’a pas évoqué un coup d’Etat ou un putsch dans son article mais il a plutôt parlé d’un ministre et homme politique qui avait des arrangements politiques avec des pays étrangers et avec des dirigeants politiques comme Hafedh Caid Essebsi.

Selon lui, beaucoup de gens, dont Lotfi Brahem pensent à écarter le président de la république et le ministre de l’intérieur limogé, coordonnait avec Hafedh Caid Essebsi pour la substitution du chef du gouvernement, Youssef Chahed.

Il a ajouté que Lotfi Brahem a rencontré le roi saoudien, Salmane ben Abdelaziz et le prince héritier, Mohammed ben Salmane ce qui est normal pour un ministre de l’intérieur mais ce qui est choquant est que Lotfi Brahem pensait à demander caution à des Etats étrangers, dont les pays européens et du Golfe pour écarter le président de la république et le chef du gouvernement.


J’aurais du parler d’un 7 novembre Soft


Nicholas Beau a reconnu qu’il aurait du mettre "7 novembre soft" au lieu de "7 novembre Bis".  "Bourguiba a été écarté pour des raisons médicales et certains, dont l’ancien MI, cherchaient à écarter Béji Caid Essebsi pour les mêmes raisons" a-t-il affirmé.

Il a indiqué que des hommes politiques tunisiens participent à des colloques financés par les Emirats et que ces gens ont rencontré le conseiller à la sécurité des émirats, Mohamed Dahlane. Il a ajouté Lotfi Brahem avait des relations privilégiés avec les saoudiens et émiratis.

Nicholas Beau a souligné que les sources qui lui ont donné la teneur de la rencontre entre Brahem et les responsables sécuritaires émiratis sont des sources diplomatiques dignes de foi.


Ghannouchi ne voulait plus me voir


Dans un autre contexte, Nicholas Beau a indiqué, que le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi,  le voyait assez régulièrement quand il était opposant à Londres, mais après, il ne voulait plus le voir parce qu’il était critique vis-à-vis de ce que les islamistes avaient fait en 2013.

Nicholas Beau a déclaré que les saoudiens et les émiratis ont leurs préférences politiques et prétendent qu’il est impossible de trouver des solutions politiques à la situation en Tunisie. Il a estimé également que le Qatar a joué un rôle extrêmement négatif pendant le printemps arabe et notamment en Tunisie.

Beau a affirmé, en outre, qu’il dénonce l’argent politique qu’il soit saoudien, émirati ou qatari ou de la contrebande et a estimé que cet argent pollue l’économie tunisienne et le débat politique.  


Aucun rapport entre le limogeage de Brahem et le drame de Kerkennah


Sur un autre plan, Nicholas Beau pense qu’il y a aucun rapport entre le limogeage de Lotfi Brahem et ce qui s’est passé à Kerkennah.

Cependant il y a d’autres sujets de contentieux entre Youssef Chahed et Lotfi Brahem et qu’i y avait une guerre de domination extrêmement vive entre les deux hommes. Chahed bloquait les nominations décidées par Lotfi Brahem au sein du ministère de l’intérieur alors que ce dernier ne voulait pas également se soumettre aux choix du chef du gouvernement.

Il ajouté qu’il y a un contentieux extrêmement grave entre les deux hommes sur fond de l’affaire de Chafik Jarraya et l’arrestation des deux hauts responsables sécuritaires, Saber Ajili et Imed Achour, toujours incarcérés. Selon lui, l’ex-ministre, voulait qu’on revoie cette incarcération…