Salah Hdider: La pêche... un secteur au bord de l’essoufflement
Salah Hdider, vice-président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), a déclaré, dans AgroMag de ce jeudi 8 octobre 2026, que le secteur de la pêche connaît une situation délicate, en raison de difficultés qui menacent la pérennité de l'activité et poussent de nombreux pêcheurs à l’abandonner.
Il a imputé cette situation à plusieurs facteurs, notamment la hausse des coûts de production, les problèmes structurels et juridiques, la dégradation des infrastructures dans les ports de pêche, ainsi que la situation sociale des pêcheurs. Il a ajouté que le cadre juridique régissant cette activité est devenu caduc, précisant qu’il n’a pas été révisé, depuis 1994.
Dégradation des infrastructures des ports de pêche
En ce qui concerne les infrastructures, l’invité d’AgroMag a indiqué que les ports de pêche connaissent une dégradation importante, avec plusieurs grues à l’arrêt et l’absence de travaux de rénovation depuis des années et ce, malgré le prélèvement de 2% des recettes brutes des pêcheurs, au profit de l’Agence des ports et des installations de pêche (APIP), qui dispose de moyens financiers conséquents, estimés à près de 50 millions de dinars.
« En plus, le manque de compétences constitue une menace pour la pérennité de l’activité. Ce phénomène touche les capitaines et les mécaniciens, ce qui contribue à un désintérêt croissant pour les métiers de la mer », a-t-il déploré.
Il a, par ailleurs, estimé que les procédures administratives actuelles ne garantissent pas la continuité du secteur et témoignent, selon lui, de l’absence d’une réelle volonté de développer ce métier.
Les coûts de production, un fardeau de plus pour les pêcheurs
Sur un autre plan, Salah Hdider a critiqué la hausse excessive des coûts de production, qu’il a qualifiée de « lourd fardeau » pour les pêcheurs. « Le carburant représente environ 70% du coût des produits de la mer, ce qui réduit la marge bénéficiaire du pêcheur à seulement 15% », a-t-il déclaré.
Il a, également, attribué la hausse des prix du poisson, y compris pendant les périodes d’abondance, aux marges bénéficiaires des intermédiaires, qui dépassent parfois les seuils généralement plafonnés à 30%.
Il a, d'un autre côté, dénoncé la situation sociale précaire des marins qui travaillent pendant plus de 35 ans, pour ne finalement toucher qu'une pension de retraite ne dépassant pas 240 dinars.
La pêche anarchique, l'autre menace
Dans un autre contexte, Salah Hdider a mis en garde contre la pêche anarchique qui prospère, alors que le ministère de l’Agriculture et de la Pêche est conscient de l’ampleur de ce phénomène et de ses répercussions sur les ressources halieutiques.
Il a, dans ce sens, appelé à faire face aux intrus qui ne respectent pas les dispositions légales encadrant l’activité de la pêche.