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Région MENA : Le FMI prévoit une baisse de la croissance économique

Le rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié ce jeudi, prévoit que la croissance économique dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord baissera à 2 % en 2023 et ce, en raison des guerres, des tensions géopolitiques, de la réduction de la production pétrolière et du resserrement des politiques monétaires.

Selon le rapport, présenté à l'occasion des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Marrakech, la guerre au Soudan affecte cette performance, "avec son impact sur la vie et les moyens de la gagner par de nombreux habitants, entraînant des perturbations économiques".

Le rapport indique, également : "Dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, la croissance économique devrait ralentir considérablement à 2 %, contre 5,6 % l'année précédente."

Dans ce contexte,Jihad Azour, directeur du département du Moyen-Orient et de l'Asie centrale du FMI, a expliqué que "la croissance économique dans de nombreux pays (de la région) ralentit en raison de divers facteurs, dont "les tensions géopolitiques" et les catastrophes naturelles.

En ce qui concerne les conséquences du récent conflit entre le Hamas et Israël , Azour a déclaré : "Il est très difficile de prédire les répercussions économiques de ce qui se passe actuellement (...) les conséquences peuvent se faire sentir à court, moyen et long terme."

Cependant, il a confirmé que "de telles situations auront inévitablement un impact."

Il a, également, déclaré que "le récent séisme au Maroc et les inondations en Libye rappellent de manière significative comment les catastrophes naturelles peuvent avoir des conséquences rapides et dévastatrices."

En revanche, le rapport prévoit une amélioration de la situation dans la région en 2024, avec une croissance économique atteignant 3,4 %, "grâce à la contraction au Soudan et à la disparition d'autres facteurs inhibiteurs de la croissance, notamment la réduction temporaire de la production pétrolière."

Le rapport prévoit que l'économie soudanaise, qui connaît un nouveau conflit depuis avril de l'année précédente, se contractera de 18 % en 2023.

Azour a déclaré : "Les défis structurels en cours signifient que la croissance à moyen terme restera limitée."

Parmi les facteurs mentionnés dans le rapport, on trouve la dévaluation de la monnaie dans certains pays, les restrictions à l'importation similaires à celles de l'Égypte et les saisons de sécheresse récurrentes, qui accroissent les "pressions inflationnistes dans certains pays et font augmenter le taux d'inflation dans la région."

Le FMI a noté que l'inflation diminue dans la région, mais elle reste élevée dans certains pays.

Azour a souligné à cet égard que "l'inflation a commencé à diminuer, mais des disparités significatives persistent entre les pays. Au Moyen-Orient, l'inflation diminue, mais elle reste élevée dans des pays comme l'Égypte et le Soudan."

Bien que l'inflation soit revenue à des niveaux d'avant la pandémie de COVID-19 dans les pays à revenu élevé et intermédiaire de la région, le rapport indique que "l'inflation mensuelle reste au-dessus des moyennes historiques en Égypte et en Tunisie. En revanche, le taux d'inflation annuel depuis juillet est supérieur à 10 % au Maroc et en Tunisie et supérieur à 35 % en Égypte et au Pakistan en raison de la sécheresse au Maroc et en Tunisie et de l'impact de la dépréciation de la monnaie sur les prix à l'importation en Égypte et au Pakistan."

Azour a expliqué qu'à l'exception du Soudan et de l'Égypte, "on prévoit que l'inflation dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord atteindra 13,4 % cette année avant de revenir à 9,7 % en 2024."

Le rapport a, également, souligné que les crises successives "ont réduit la marge de soutien à l'activité économique dans de nombreuses économies, tout en freinant la progression de réformes complètes visant à stimuler l'investissement et à créer des opportunités d'emploi, et en sapant la résilience face aux chocs."

Le FMI a souligné que "les défis croissants liés au climat renforcent la nécessité d'une action urgente."

Il a noté que "la dette publique reste élevée dans certains pays, et la croissance à moyen terme devrait rester décevante" et "en deçà des niveaux historiques en raison de la persistance de défis structurels."

Le rapport a ajouté que "de nombreux habitants de la région sont confrontés à des défis pour trouver des opportunités d'emploi, y compris les jeunes et les femmes, tandis qu'il est prévu que plus de cent millions de jeunes atteindront l'âge de travailler dans la région au cours de la prochaine décennie. L'inflation devrait diminuer lentement à mesure que les pressions mondiales sur les prix diminuent, avec une forte disparité entre les pays."