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L'humoriste Hakim Jemili: Je ne suis pas pour la liberté absolue...

L'humoriste et acteur franco-tunisien, Hakim Jemili, était l'invité d'Ismaïl dans "Essahria" de ce dimanche, pour parler de son parcours et de son deuxième spectacle, "Fatigué", qui vient après "Super super", une première expérience qui a connu beaucoup de succès.

Il a ainsi déclaré qu'il était très ému et heureux d'être en Tunisie, pour présenter son spectacle.

"Je pense qu'aujourd'hui, je dois apporter plus à la Tunisie qu'à la France, parce que là-bas, on n'a pas vraiment besoin de moi puisqu'il y a suffisamment de personnes qui font des choses pour la culture (...) et qui sont très impliqués dans des causes pour l'économie française (...) Certes, je m'y investis à 100% car j'y réside, mais j'ai envie d'apporter quelque chose à un édifice en Tunisie", a-t-il confié.

Hakim Jemili a, dans le même sens, précisé qu'il existe plus de 600 humoristes en France, sans qu'ils ne soient tous drôles. "Toute la France ne fait pas rire (...) Sans manquer de respect à quiconque, mais il est beaucoup de gens qui ne sont pas du tout amusants", selon ses dires.

L'invité d'Ismail a, dans ce sens, relevé que l'humour n'a pas de frontières, constatant que "certains ne respectent pas ce métier, pensant que l'humour est un métier facile, alors qu'il représente des années de travail et monter sur scène est un métier noble", a-t-il dit.

Et de souligner "avant je faisais de l'humour pour nourrir mon égo et pour évoluer dans ma vie. Aujourd'hui je me produis parce que j'ai des choses à dire (...) L'objectif prioritaire c'est de faire rire les gens mais aussi pour parler de choses qui se passent dans le monde comme la cause palestinienne, afin de faire réagir le public et susciter des débats".

L'humoriste a poursuivi, en faisant savoir qu'il avait reçu des menaces de personnes anonymes, après le "Déluge d'Al Aqsa", le 7 octobre 2023 et qu'il avait eu peur pour sa famille.

"J'ai reçu des appels de numéros inconnus d'Israël et j'ai même été harcelé, probablement parce que je suis musulman. J'avoue que je me suis inquiété pour ma femme et mon enfant", a-t-il révélé.

Revenant sur les déclarations de l'humoriste Booder qui était l'invité de Mosaïque FM, la semaine dernière, qui avait assuré que "son objectif dans la vie est le vivre et le rire ensemble, peu importe la religion, l'origine, la couleur ou le physique de l'autre", Hakim Jemili a dit partager cette opinion, mais avec des réserves.

"Booder a, en gros, raison. Sa pensée était positive, c'est l'objectif de tout le monde (...), mais ce qu'il a exprimé était un peu "banal", car même les racistes parlent du "vivre ensemble" (...) On a tous envie d'être avec les autres, mais le problème est bien plus complexe, car il faut chercher ce qui ne nous rassemble pas, afin de trouver des solutions pour vivre ensemble", a-t-il ajouté.

Concernant ses éventuels projets en Tunisie, Hakim Jemili a déclaré qu'il avait des objectifs à atteindre sur le long terme et qu'il avait envie de "faire des choses pour le pays, sur le plan culturel et économique".

Évoquant son noyveau spectacle, l'humoriste a fait savoir qu'il a choisi de l'appeler "Fatigué" car, pour lui, c'est une manière de raconter ce qu'il était, il y a trois ou quatre ans.

"Déjà je suis fatigué physiquement parce que j'ai enchaîné les représentations. En plus, je suis épuisé de la société dans laquelle on évolue", a-t-il expliqué.

Il a, enfin, affirmé que la totale liberté d'expression est un leurre, en France. "En fait, elle n'existe pas et n'a jamais existé (...) L'hexagone est un pays des libertés, jusqu'à un certain point... tout comme la Tunisie (...) Je ne suis, d'ailleurs, pas pour la liberté d'expression absolue, car on ne doit pas tout se permettre".