Jarray: Les pratiques de torture ont la peau dure en Tunisie

INPR

Fathi Jarray, président de l'Instance nationale pour la prévention de la torture (INPT), a assuré, ce mardi, à Mosaïque FM, que des cas de torture sont encore enregistrés en Tunisie et ce, malgré l’amélioration du cadre juridique.

Par contre, la torture ne fait plus partie des politiques de l’Etat, a-t-il noté.

Il a dévoilé que l’Instance reçoit une moyenne de trois alertes par semaine. "Il s’agit de cas de torture ou de mauvais traitement commis par des officiers durant l’interrogatoire aux postes de sécurité. Ces derniers optent pour des techniques abusives pour pousser les suspects à passer aux aveux, surtout durant les premières heures de l’interrogatoire et avant l’arrivée d’un avocat".  
 

Jarray a ajouté que dans la plupart des cas, les garanties fondamentales, inscrites dans la loi numéro 5 de l’année 2016, ne sont pas respectées. "Le fait d’informer la famille du suspect, la présence d’un avocat et l'exzmen médical du prévenu , s’il le désire,  ne sont pas garantis. Il s’agit d’un  mauvais traitement et d'une tendance à arracher des aveux, non  à récolter des preuves", a-t-il précisé. 

Il a, par ailleurs, déclaré que  l’Instance inspecte les maisons d’arrêt et les prisons et qu'elle  a constaté des conditions qui ne respectent pas la dignité humaine. "Ces endroits sont encombrés et les conditions de santé, d’alimentation et de traitement sont déplorables.  Le niveau requis par la loi tunisienne et par  les conventions internationales n'est jamais atteint". 

Le président de l’INPT espère qu'il y aura une réelle volonté politique permettant de changer la réalité et de s’opposer aux cas de torture et d’atteinte à la dignité humaine. 
 

Jarray a annoncé que l’Instance a enregistré une baisse des alertes mais que ceci ne veut pas dire qu’il y a une vraie baisse. "Une étude sera menée, en coopération avec les différents partenaires, pour établir comment la notion de torture est perçue  par les citoyens et leur connaissance de leurs droits, garantis par la loi", a-t-il conclu.