Mosaique FM

Refka Cherni avait pardonné à son mari... il l'abat de cinq balles

Refka Cherni avait pardonné à son mari... il l'abat de cinq balles

Elle s'appelait Refka...( traduisez "compagne", "partenaire", "âme-soeur"). Jusqu'à la mort, elle a agi en tant que telle, à son corps défendant, aux dépens de sa dignité et de son noble statut d'épouse-mère et malgré les souffrances physiques et morales dégradantes qu'elle subissait du père de ses enfants... Lui, à l'évidence, n'ai jamais saisi.

Dimanche 9 mai 2021, le 27e jour de Ramadan, Refka Cherni, une jeune femme à la fleur de l'âge (26 ans), mère d'un enfant en bas âge,a rendu son dernier souffle, après avoir reçu cinq balles par son mari, reçues dans son corps qui portait le foetus de son second bébé.

Ce drame, loin d'être le premier en Tunisie, a enflammé la toile, en mettant à nu une triste réalité marquée par la violence et le machisme ; Un fléau de plus en plus banalisé où la femme est censée occuper une place prépondérante dans la famille et dans la société .

Le mari- bourreau

Le mari de Refka, devenu son bourreau, est un agent de la Garde nationale. Il lui a tiré dessus, à cinq reprises, avec son arme de service pour lui donner la mort et ce, deux jours après qu'elle ait déposé une plainte pour violences graves, appuyée par un certificat médical attestant 21 jours de repos...ce n'était pas la première...pourtant, elle a renoncé à poursuivre son assassin en devenir en justice, "compte tenu des liens familiaux, selon ce qu'a déclaré, le porte-parole du Tribunal de première instance au Kef, Faouzi Daoudi, à Mosaïque FM.

Elle ignorait, sûrement, que ce renoncement pour ""liens familiaux" allait lui coûter la vie. Mais est-ce qu'elle voulait vraiment pardonner à son mari? A-t-elle "volontairement" retiré la plainte qu'elle venait de déposer ? Seuls les procès-verbaux et les déclarations de celui qui fut son mari jetteront la lumière sur ce point.

Mais qu'elle l'ait fait sous pression ou à cause de ses enfants qu'elle n'a peut-être pas supporté l'idée de les voir passer l'imminent Aïd, en sachant que leur géniteur est derrière les barreaux (N'aurait-on pas mieux fait de  l'y mettre, cet acte "forcé" et de mansuétude, aura été fatal à Refka...)

Des centaines de femmes sont, comme Refka, agressées, maltraitées, violées, brutalisées et torturées par leurs conjoints,  frères ou pères, face à un silence assourdissant qui mène, la plupart du temps, à la banalisation voire à l'impunité des crimes semblables à celui ayant causé le décès de la jeune Refka.

Violence à l'égard des femmes en Tunisie

En fait, la violence à l'égard des femmes est un phénomène qui ne date pas d'hier en Tunisie, malgré les nombreuses lois-barrières. Il s'est même accentué, dernièrement, surtout après l'avènement du coronavirus.

En mars 2020, lors du premier confinement, la  ministre de la Femme, de la Famille, de l'Enfance et des Personnes âgées avait déclaré que le nombre d'alertes de femmes victimes de violences reçues sur le numéro vert 1899 a été multiplié par cinq.

Dans ce même contexte, l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates avait indiqué, dans son rapport, que 75 % des femmes en Tunisie ont été victimes de violences durant le même confinement.

Et les chiffres continueront à grimper tant que les agresseurs, violeurs et tueurs demeurent impunis.

Que dit la loi ? 

La loi organique 58, décrétée en 2017, est  destinée à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, dont elle adopte une large définition en prenant en compte les violences physiques, morales, sexuelles, économiques et politiques. Elle vise à poursuivre les auteurs en justice et à leur imposer un suivi, tout en prenant en charge les victimes à travers un accompagnement spécifique.

Il est à noter que suite au meurtre de la jeune femme, les hashtags "Say Her Name", "Dites son nom" et "Refka Cherni" ont été relayés par des internautes qui dénoncent l'impunité et la banalisation de ce genre de crimes... en attendant la prise de nouvelles mesures pour enrayer ce fléau, car Refka ne sera, malheureusement, pas la dernière victime.

Et qu'on ne prenne pas Ramadan comme prétexte pour justifier ou expliquer cet odieux assassinat, commis par le mari de Refka Cherni, car le sort qu'il lui a réservé, à elle et à leur enfant et au bébé à venir, est un pêché hautement plus grave que la désobéissance à ce précepte de l'Islam. Il s'élève même à un crime contre l'humanité, parce que même en état de guerre, on ne tire pas sur un "ennemi" désarmé et sans défense...Outre le déshonneur d'avoir utilisé une arme de service (destinée à d'autres justes causes) et souillé le noble corps auquel il n'appartiendra plus.

Va, la mémoire de Refka Cherni te damnera jusqu'à l'éternité...

 

 

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